Cadastre solaire : la carte du soleil

Quel potentiel de production d’énergie solaire sur un territoire ? Le cadastre solaire permet d’y répondre. C’est un premier outil pour les collectivités publiques qui permet d’inciter au développement de la production d’énergie solaire sur les bâtiments.

Un cadastre solaire est un outil cartographique qui indique le potentiel solaire des bâtiments sur un territoire. Il permet de réaliser une prévision économique et énergétique d’une installation photovoltaïque ou solaire thermique. Il était évoqué dans la démarche « Place au soleil » lancée en juin 2018 par le gouvernement. Plusieurs collectivités territoriales, en pleine démarche PCAET (plan climat air-énergie territorial) et dans une perspective de territoires à énergie positive, ont cherché à connaître leur potentiel de production photovoltaïque. C’est ainsi que les premiers cadastres solaires fleurissent aujourd’hui dans de nombreuses villes ou agglomérations de France : ville de Lyon, métropole de Bordeaux, Nantes, Brest ou Saint-Étienne, communauté de communes des monts du Pilat ou agglomérations d’Annecy et du golfe du Morbihan-Vannes et même le département du Puy-de-Dôme, la liste est non exhaustive. De très nombreux habitants ou entreprises vont pouvoir désormais bénéficier d’un cadastre solaire.

Le potentiel solaire

Les cadastres solaires fonctionnent grosso modo tous de la même manière. Grâce à un moulinage informatique entre les différentes données des systèmes d’information géographique et des vues aériennes de l’IGN, recoupées en triangulation pour tenir compte du relief, le cadastre solaire fournit une cartographie du potentiel de réception d’énergie solaire des bâtiments selon la région, l’orientation de la toiture, son inclinaison, les ombres dues aux autres constructions, aux arbres, aux poteaux ou aux antennes.

Il nous semble toutefois nécessaire de corroborer les informations du cadastre sur site pour voir si la cartographie est bien mise à jour ou si des obstacles, comme un fil électrique, n’ont pas été oubliés. En effet, le moindre poteau ou fil peut, par son ombré, aussi mince soit-elle, obérer complètement une production, en pénalisant tous les panneaux reliés à un onduleur.

Quelle stratégie d’incitation ?

Le cadastre solaire vous montre donc le potentiel de votre toiture, mais ce n’est finalement qu’un outil pour réfléchir sur un projet. Le tout étant de provoquer le « déclic » qui vous fera franchir le pas. En effet, une fois l’outil en place, ce sont les modes d’action pour inciter les différents acteurs à s’équiper qui pourront faire bouger les lignes de la production d’énergie solaire territoriale.

Certaines collectivités publiques ont décidé de porter entièrement cet outil. D’autres ont préféré déléguer sa mise en place à des sociétés privées. Ces dernières auront la perspective de générer un volant d’affaires dans l’installation de centrales, en direct ou par une mise en relation avec des installateurs par exemple, quand la collectivité souhaitera promouvoir un territoire à énergie positive. Mais qu’importe la méthode, l’objectif est bien de développer l’énergie solaire sur un territoire donné. Les sociétés privées n’hésitent pas à fournir une estimation du potentiel d’économie ou de gain qu’apporterait une installation solaire aux coûts actuels. Plus parlante qu’une simple incitation « éthique », cette incitation économique doit être cependant bien mesurée eu égard aux promesses et aux effets d’aubaine que l’on connaît parfois. « Nous apportons une transparence aux porteurs de projet, précise Antoine Ebel, directeur développement de la société In sun we trust, avec une tarification mise à jour tous les mois et nous offrons une garantie de qualité par la sélection des installateurs. »

L’approche peut être aussi différente selon les acteurs à toucher. « Pour les particuliers, nous aurons un bureau d’information spécifique, explique Dominique Ogez, responsable du service environnement énergie de Golfe du Morbihan Vannes agglomération, qui gère la mise en œuvre du cadastre solaire. Mais pour les entreprises et les bâtiments publics, nous ferons une approche en direct. Quant aux agriculteurs, nous prévoyons un partenariat avec la chambre d’agriculture et l’APEPHA, une association d’agriculteurs producteurs d’électricité photovoltaïque. »

Quoi qu’il en soit, les collectivités semblent bien être en train de s’emparer de cet outil. Cela laisse entrevoir un réel développement de cette énergie en France, avec un potentiel sur toiture de 350 GWc selon l’ADEME. Ce cadastre, valable pour les bâtiments existants, né devra pas dispenser d’avoir une réflexion pour inciter les nouvelles constructions à s’équiper de toitures photovoltaïques ou de solaire thermique, ce qui pourrait se faire en glissant cette demande dans les plans locaux d’urbanisme ou les autorisations de permis de construire.

Image ci-dessus : Incitation économique par In sun we trust.

Green Innovation

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Par la rédaction du magazine GREEN INNOVATION.
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