Amazonie : l’appel de la forêt

Après l’Amazonie et la Sibérie en août, une vague de feux de forêt sur les îles de Bornéo et de Sumatra a dévasté l’Asie du Sud-Est en septembre et a provoqué d’immenses nuages de fumée toxique qui se sont accrochés aux hautes tours de Kuala Lumpur, en Malaisie. Dans ce pays, mais aussi à Singapour, des écoles ont été fermées et les autorités ont demandé à la population de porter des masques pour se protéger. Entre janvier et juillet 2019, 135 747 hectares de forêts ont été détruits par les flammes.
 
La pratique du brûlis, qui consiste à brûler de larges portions de forêt pour étendre les cultures, dont celle du palmier à huile, est l’une des causes de ces feux et de nombreux autres à travers la planète.
 
Amazonie, Sibérie, Asie du Sud-Est, la Terre semble en flammes. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui dépend de l’ONU, la surface forestière mondiale représentait 31,625 % des terres de la planète en 1990 et 30,716 % en 2016, même si, par le truchement du réchauffement climatique, la végétation gagne dans des zones froides comme la Sibérie ou le nord du Canada.
 
Ces immenses brasiers libèrent le CO₂ qui était stocké par les arbres, aggravant encore le réchauffement climatique.
 
Enfin, ce drame frappe de plein fouet la biodiversité si riche dans les forêts tropicales. L’Amazonie représente à elle seule 10 % de la biodiversité mondiale. Si la forêt gagne maintenant du terrain dans d’autres parties du monde qui étaient jusque-là trop froides, ce phénomène n’a aucun impact sur la faune et la flore des forêts tropicales qui disparaissent. De même, la plantation de forêts artificielles ne compense pas les pertes des forêts tropicales qui sont très largement primaires.
 
Photo ci-dessus : Les incendies d’août 2019 en Amazonie sont beaucoup plus intenses que ceux des années précédentes et leur nombre est en hausse. En 2019, 97 000 feux ont pour l’instant été recensés, contre 49 000 en 2018. Pour autant, nous sommes encore loin du triste record de 2005 : 130 000 feux.
Globalement, les surfaces déboisées diminuent : 27 772 km2 en 2004, 5 831 km2 en 2015, mais 7 893 km2 en 2017. Sur un total cumulé de 800 000 km2 déboisés, la moitié l’a été avant 1990. Mais ces chiffres sont cumulatifs. Ainsi, si le rythme de la déforestation ralentit, cette déforestation s’accroît.
Si les pratiques agricoles et politiques ne changent pas, 40 % de l’Amazonie risquent de disparaître d’ici à 2050.

Texte : Boris Laurent • Photographie : Shutterstock

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